La fabrication des batteries lithium-ion nécessite des métaux dont l’approvisionnement pose des problèmes majeurs. Le lithium, élément fondamental, provient principalement de trois pays qui contrôlent 75% de la production mondiale : l’Australie, le Chili et la Chine. Pour le cobalt, la République Démocratique du Congo fournit à elle seule 70% de la production mondiale, souvent dans des conditions d’extraction controversées.
Cette concentration géographique crée une vulnérabilité stratégique pour les constructeurs européens. La Chine, notamment, a pris une avance considérable en sécurisant ses approvisionnements et en développant une filière industrielle complète. Elle contrôle désormais plus de 75% de la capacité mondiale de production de cellules de batteries.
Face à cette situation, des initiatives émergent en Europe. Le projet « Airbus des batteries » vise à développer une filière européenne autonome, visant à produire 250 GWh par an à l’horizon 2030. Néanmoins, les défis demeurent immenses, notamment en matière d’accès aux matières premières critiques.
Par ailleurs, la demande croissante de ces métaux entraîne une hausse des prix. Le cours du lithium a connu une hausse spectaculaire de plus de 400% entre 2021 et 2022, avant de se stabiliser partiellement. Cette volatilité complique la maîtrise des coûts pour les constructeurs et freine la baisse attendue des prix des véhicules électriques.
Coût de production et impact environnemental
La batterie représente entre 30% et 40% du coût total d’un véhicule électrique. Malgré une baisse continue – le prix moyen du kWh est passé de plus de 1 000 $ en 2010 à environ 140 $ en 2022 – ce composant reste l’élément déterminant du prix final.
Sur le plan environnemental, la production de batteries pose également des questions. La fabrication d’une batterie de 60 kWh génère entre 7 et 15 tonnes de CO2, selon les études et les technologies employées. Ce « sac à dos carbone » représente une dette environnementale que le véhicule doit compenser pendant sa phase d’utilisation.
L’extraction des matières premières soulève également des préoccupations écologiques majeures. L’exploitation des mines de lithium consomme des quantités importantes d’eau dans des régions souvent arides, comme le « triangle du lithium » en Amérique du Sud (Argentine, Bolivie, Chili). Pour chaque tonne de lithium produite, jusqu’à 2 millions de litres d’eau peuvent être nécessaires.
Cependant, des avancées technologiques permettent d’envisager des améliorations. Les batteries solide-état, actuellement en développement, promettent une densité énergétique supérieure de 80% à celle des batteries lithium-ion conventionnelles, tout en réduisant les besoins en métaux critiques.